Typographie & Civilisation
MyFonts
   
 
Histoire de l'imprimerie
Graphie basque
     

CHAPITRE DEUXIEME

L’héritage romain

’HERITAGE PRINCIPAL DE CE TYPE DE CARACTERE vient des lettres laissées par l’envahisseur romain. Par malice de l’histoire, la forme générale des lettres est parvenue dans cette contrée, mais pas les outils servant à les graver ! Les artisans basques d’alors ne possédant pas la technique métallurgique des romains, leurs outils et taillants ne permettaient pas de graver le caractère en profondeur comme sur les bas-reliefs venus de Rome.

Il fallut donc trouver une technique permettant d’écrire les lettres latines : avec des burins rudimentaires et en grattant la pierre autour des lettres, l’écriture devint saillante au lieu de profonde. Cela explique le peu de résistance au temps des textes gravés en basque. En général, les stèles antérieures au 16°siècle sont illisibles.

Science de l’écriture

Mais ce n’est pas tout : la science de l’écriture était alors rare. Combinée à celle de la gravure, c’était un trésor que seules quelques familles de graveurs conservaient jalousement. Ce comportement est à l’origine de la variété des lettres basques, car en plus de se transmettre les techniques de justification sur pierre, les familles se transmettaient la tradition et ses défauts : il n’est pas rare de trouver la même erreur d’orthographe sur toutes les façades des maisons anciennes d’un village. La famille qui officiait dans une vallée s’en assurait tous les écrits. Aujourd’hui encore, il y a des formes de lettres qu’on ne trouve que dans certaines vallées. Ceci est le fruit d’une transmission visuelle et familiale. Comme pour la taille de la pierre, les variantes du jeu de pelote basque se sont localisées par vallées : la voie de communication de l’époque était bel et bien la vallée !

Malgré cela, on retrouve partout l’influence graphique des caractères romains. Bien que les modes typographiques aient bousculé le caractère de type Euskara (notamment la mode helvétique du 16°siècle), le fait que cette contrée soit reculée a favorisé la préservation de l’influence romaine, et pratiquement aucun écrit en basque ne subsiste avec des lettres cursives et helvétiques. Cette homogénéité est flagrante au long des pages du livre de M.Colas.

L’influence celte

Plus tard, l’influence des Celtes continentaux s’est fait sentir notamment sur les lettres capitales A, S, N et certaines minuscules, rares dans les écritures Basques, telles le b, p, q, o. Mais l’influence Romaine reste définitivement prédominante et celà est visible dans la manière dont les gaveurs Basques développent la justification horizontale en interpénétrant les lettres, comme les sculpteurs lapidaires Romains le pratiquaient.

     

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 


Du romain au celte
Du romain au celte

Du celte au basque
Du celte au basque